Proposition de Généralisation à tous les Français d'une éducation à toutes les langues indigènes de France

Le Forom des Langues du Monde a été fondé par et dans la réflexion sur les langues indigènes de France. Ceci nous a conduit, à la fin des années 90, à poser comme proposition la généralisation de l’éducation aux langues/cultures de France pour tous les Français et tous ceux qui étudient la civilisation française. Le texte de la proposition suivante, posée au Forom des Langues en 2007, est un appel, largement diffusé, à la réflexion, aux commentaires et à la critique. Les réactions des uns et des autres, que vous pourrez lire dans le blog, montrent que cette proposition apparaît à beaucoup en rupture complète avec les différentes manières de voir les choses qui avaient cours jusque là, et qu’elle ouvre en ce domaine des perspectives radicalement nouvelles à la pensée et à l’action.

Note : les premières réactions à la Proposition ont été reçues en 2008 soit par email, soit dans l'ancien blog. Nous les avons retranscrites ici dans le nouveau blog, c'est pourquoi elles sont datées de mars 2009.

La proposition

Deux courants de pensée antagonistes se trouvent objectivement alliées pour faire que l'État se désengage de toute responsabilité quant aux langues/cultures indigènes de son territoire, et prônent l'idée que c'est aux régions seules de s'en occuper :

  • 1) l'idéologie française régnante, celle du centralisme et de l'unitarisme, qui croit ainsi se débarrasser du problème ; cette idéologie, qui organise et donne ses contenus à la culture française depuis plus de cinq siècles, à tel point qu'on ne la voit plus et qu'on la prend pour la nature des choses, commence à décliner face à la montée du démocratisme et du pluralisme mais, se faisant par ailleurs la championne de valeurs (unité, égalité, laïcité, solidarité) auxquelles sont attachés les Français, elle peut longtemps encore prolonger son règne ;

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mercredi 28 mai 2014

Interview d'Aurélie Filippetti (Dépêche du Midi, 14 mai 2014)

Interview d'Aurélie Filippetti, Ministre de la culture et de la communication, pour la Dépêche du Midi le 14 mai 2014

- Connaissez-vous le Forom des Langues de Toulouse ? Qu'est-ce que cela vous inspire ?
En vingt-deux années d’existence, le Forom s’est forgé une notoriété qui le voit essaimer partout en France, en Europe et jusqu’à Madagascar. La manifestation s’est inscrite au fil du temps en bonne place parmi les rendez-vous importants de la diversité culturelle. Cela tient à la valeur de l’idée même de forum, magnifiquement adaptée aux conditions d’aujourd’hui. En ouvrant la place du Capitole à toutes les langues parlées dans la ville, c’est un espace d’expression démocratique que nous offre chaque année le Carrefour culturel Arnaud-Bernard. En témoigne le sujet retenu cette année : la langue et la culture françaises, notre langue et notre culture communes. Quelle place font-elles à la diversité ? C’est un débat récurrent dans les médias et sur les réseaux sociaux, mais quelle belle occasion de l’aborder de vive voix, en présence de spécialistes comme Alain Rey, sur la place publique !

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dimanche 7 avril 2013

Eric Fraj (2012) : Quel occitan pour demain ?

Voir le texte d'Eric Fraj sur le blog de Jean-Pierre Cavaillé :
http://taban.canalblog.com/archives/2012/11/15/25590971.html

Une autre manière d'envisager l'occitanisme

Lettre adressée aux occitanistes le 30 mai 2012 (document PDF)

Lettre adressée aux partis politiques

Lettre adressée par le Carrefour Culturel Arnaud-Bernard aux partis politiques
Février 2012, avant les élections présidentielles

La position juste sur les langues et les cultures de France.

Les choses sont faciles à comprendre :

1/ Les partis politiques français n'ont pas de théorie ni de stratégie concernant les langues/cultures de France ; ils répondent régulièrement aux sollicitations en attendant que ça passe. Ca ne passe pas. Ils reprennent alors, dans les revendications des militants, celles qui leur paraissent les plus "convenables", entrant ainsi, sans s'en apercevoir, dans la problématique des militants régionalistes. Ils font alors des promesses qu'ils ne pourront pas tenir telles quelles. Ils ne font que répondre, ils ne prennent jamais la direction du navire. Ils sont piégés.

2/ Une théorie/stratégie, qui construit une politique des langues de France et qui affronte l'idéologie des régionalismes nationalitaires, existe. Elle a été élaborée par le Carrefour Culturel Arnaud-Bernard au Forom des Langues de Toulouse, depuis 1993, et elle est, depuis 1997, clairement affirmée.
La proposition

Claude Sicre : article paru dans la revue Les Temps Modernes

"Je n'ai pas toujours eu une certaine idée de la France". (Les Temps Modernes, 2000) (document PDF)

Claude Sicre : préface de la Revue des Deux Rives

Claude Sicre : préface de la Revue des Deux Rives - 2006 (document PDF)

jeudi 27 septembre 2012

Claude ALRANQ : Faut-il poser la question occitane autrement ?


Modestement, il faut d'abord se dire : combien sommes-nous à nous poser ce genre de question ? Ensuite, reconnaître que nous n'avons pas de solution. La solution serait de la chercher ensemble. Je constate simplement que le débat est boudé alors que nos expériences invitent à critiques, à réflexions et à détermination. J'ajouterai enfin : je ne crois pas qu'il n'y ait qu'une seule réponse à la question posée. Il est important que demeurent des engagements pluriels qui surprennent les publics, les chercheurs, les institutions, et les stimulent à rencontrer de vieux et de nouveaux repères. La diversité de nos engagements est notre force mais l'insuffisance d'échanges sur le fond est notre faiblesse. Pire ! Cette insuffisance de critiques constructives et de solidarités actives... menace la transmission et laisse à penser que « l'engagement occitaniste » se limite à la défense de la langue alors que le champ d'activités réelles et potentielles va bien au delà et en deçà. Le phénomène occitan a 1000 ans d'âge. Il n'est pas éternel. S 'il venait à se dissoudre comme se sont dissoutes de nombreuses civilisations, il aurait le devoir de transmettre le sens de son apparition-disparition, sa contribution à une meilleure vie pour les êtres et les choses de ce monde. S'il venait à renaître, ce serait à ce genre de contribution qu'il le devrait aussi.

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vendredi 10 avril 2009

L'avis d'Henri Meschonnic

(Libération (Mme de Valleys) m'avait demandé de faire une tribune libre avec Henri Meschonnic sur notre proposition, dans l'actualité de cette époque (Mme de Valleys nous avait fait un long interview commun en 2001). J'ai pensé qu'il serait mieux qu'Henri écrive tout seul un texte sur cette proposition puisque c'est moi qui l'ait écrite. Finalement, Libération n'a pas publié le texte.)
Claude Sicre



Il faudrait que tout le monde prenne conscience de l’importance historique qu’a l’amendement voté par l’Assemblée Nationale le 22 mai dernier à l’article 1 de la constitution, déclarant au sujet de la République française, que : « Les langues régionales appartiennent à son patrimoine ». Incluant ainsi ces langues dans à la fois l’histoire de France et l’histoire de la langue française, que François 1er en 1539 à Villers Cotterets avait déclarée – c’était contre le latin, à l’époque – seule langue de France, langue officielle des arrêtés officiels.
Mais la réalité historique et géographique de la France était celle d’une pluralité de langues. L’abbé Grégoire en 1790, pour diffuser les idées révolutionnaires, la révolution partant de Paris, voulait éliminer les patois comme refuges de la féodalité et de la royauté. Encore à la fin du XIXe siècle la République luttait pour imposer le français langue nationale. Car il y avait huit ou neuf langues populaires. Encore en1914-1918, selon les régions, peu connaissaient la langue nationale. Les Bretons ont eu plus de morts que la moyenne nationale à la guerre, parce que peu savaient le français.

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vendredi 27 février 2009

Interview de Christine Albanel, ministre de la culture

Question 1 : L'assemblée nationale a voté le 22 mai, un amendement à l'article 1 de la Constitution de la République disant que "les langues régionales appartiennent à son patrimoine". Il y a deux façons d'entendre cette phrase. Celle qui est retenue par tous, qu'ils soient pour ou contre les langues régionales, à savoir que ces langues sont des langues de régions françaises et donc appartiennent à ce titre, au patrimoine français. Mais il y a une autre façon d'entendre, radicalement différente, celle du Forom des Langues de Toulouse, qui dit que ces langues ne sont pas régionales, qu'elles n'appartiennent pas à des régions, mais qu'elles sont directement "nationales", parce qu'elles ont marqué indélébilement la langue et la culture française, comme la langue/culture française les a indélébilement marquées, qu'elles sont donc la propriété de tous les Français. Comment réagissez-vous à cette distinction ?

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Les conséquences d'un choix

(au sujet de la proposition de nationalisation des langues et cultures de France)

Dans l'état actuel du débat sur les langues et cultures de France, trois solutions :

  • L'État, qu'il considère ou qu'il ne considère pas que les langues indigènes de France (que beaucoup appellent les « langues régionales », cherchant le bâton pour battre ou se faire battre) sont « patrimoine national », ne construit pas de politique positive, répond aux pressions en faisant toujours traîner, en accordant quelquefois des avancées sur le terrain régionaliste puis en revenant en arrière, etc. Auquel cas les régionalismes se renforcent dans leur détermination, sinon dans leur audience.

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L'avis de la FELCO

Nous avons lu avec beaucoup d'intérêt la « proposition de nationalisation des langues/cultures de France » qui nous a été adressée.

- Nous sommes d'accord avec un certain nombre des choses qui sont dites dans le texte, notamment sur le nécessaire découplage entre la question des langues et cultures, et la question institutionnelle - régions, Europe, fédéralisme, etc. qui relève d'un autre débat dans lequel une association professionnelle comme la nôtre n'a pas vocation à intervenir.

- Nous sommes d'accord avec la nécessité de diffuser sur l'ensemble français via l'école un savoir minimal sur la diversité française, et nous l'avons d'ailleurs proposé à maintes reprises à nos interlocuteurs ministériels, sans résultats appréciables d'ailleurs, soit dit en passant.

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