Proposition de Nationalisation des Langues/Cultures de France

Le Forom des Langues du Monde a été fondé par et dans la réflexion sur les langues indigènes de France. Ceci nous a conduit, à la fin des années 90, à poser comme proposition la généralisation de l’éducation aux langues/cultures de France pour tous les Français et tous ceux qui étudient la civilisation française. Le texte de la proposition suivante, posée au Forom des Langues en 2007, est un appel, largement diffusé, à la réflexion, aux commentaires et à la critique. Les réactions des uns et des autres, que vous pourrez lire dans le blog, montrent que cette proposition apparaît à beaucoup en rupture complète avec les différentes manières de voir les choses qui avaient cours jusque là, et qu’elle ouvre en ce domaine des perspectives radicalement nouvelles à la pensée et à l’action.

Note : les premières réactions à la Proposition ont été reçues en 2008 soit par email, soit dans l'ancien blog. Nous les avons retranscrites ici dans le nouveau blog, c'est pourquoi elles sont datées de mars 2009.

La proposition

Deux courants de pensée antagonistes se trouvent objectivement alliées pour faire que l'État se désengage de toute responsabilité quant aux langues/cultures indigènes de son territoire, et prônent l'idée que c'est aux régions seules de s'en occuper :

  • 1) l'idéologie française régnante, celle du centralisme et de l'unitarisme, qui croit ainsi se débarrasser du problème ; cette idéologie, qui organise et donne ses contenus à la culture française depuis plus de cinq siècles, à tel point qu'on ne la voit plus et qu'on la prend pour la nature des choses, commence à décliner face à la montée du démocratisme et du pluralisme mais, se faisant par ailleurs la championne de valeurs (unité, égalité, laïcité, solidarité) auxquelles sont attachés les Français, elle peut longtemps encore prolonger son règne ;

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vendredi 10 avril 2009

L'avis d'Henri Meschonnic

Il faudrait que tout le monde prenne conscience de l’importance historique qu’a l’amendement voté par l’Assemblée Nationale le 22 mai dernier à l’article 1 de la constitution, déclarant au sujet de la République française, que : « Les langues régionales appartiennent à son patrimoine ». Incluant ainsi ces langues dans à la fois l’histoire de France et l’histoire de la langue française, que François 1er en 1539 à Villers Cotterets avait déclarée – c’était contre le latin, à l’époque – seule langue de France, langue officielle des arrêtés officiels.
Mais la réalité historique et géographique de la France était celle d’une pluralité de langues. L’abbé Grégoire en 1790, pour diffuser les idées révolutionnaires, la révolution partant de Paris, voulait éliminer les patois comme refuges de la féodalité et de la royauté. Encore à la fin du XIXe siècle la République luttait pour imposer le français langue nationale. Car il y avait huit ou neuf langues populaires. Encore en1914-1918, selon les régions, peu connaissaient la langue nationale. Les Bretons ont eu plus de morts que la moyenne nationale à la guerre, parce que peu savaient le français.

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vendredi 27 février 2009

Interview de Christine Albanel, ministre de la culture

Question 1 : L'assemblée nationale a voté le 22 mai, un amendement à l'article 1 de la Constitution de la République disant que "les langues régionales appartiennent à son patrimoine". Il y a deux façons d'entendre cette phrase. Celle qui est retenue par tous, qu'ils soient pour ou contre les langues régionales, à savoir que ces langues sont des langues de régions françaises et donc appartiennent à ce titre, au patrimoine français. Mais il y a une autre façon d'entendre, radicalement différente, celle du Forom des Langues de Toulouse, qui dit que ces langues ne sont pas régionales, qu'elles n'appartiennent pas à des régions, mais qu'elles sont directement "nationales", parce qu'elles ont marqué indélébilement la langue et la culture française, comme la langue/culture française les a indélébilement marquées, qu'elles sont donc la propriété de tous les Français. Comment réagissez-vous à cette distinction ?

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Les conséquences d'un choix

(au sujet de la proposition de nationalisation des langues et cultures de France)

Dans l'état actuel du débat sur les langues et cultures de France, trois solutions :

  • L'État, qu'il considère ou qu'il ne considère pas que les langues indigènes de France (que beaucoup appellent les « langues régionales », cherchant le bâton pour battre ou se faire battre) sont « patrimoine national », ne construit pas de politique positive, répond aux pressions en faisant toujours traîner, en accordant quelquefois des avancées sur le terrain régionaliste puis en revenant en arrière, etc. Auquel cas les régionalismes se renforcent dans leur détermination, sinon dans leur audience.

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L'avis de la FELCO

Nous avons lu avec beaucoup d'intérêt la « proposition de nationalisation des langues/cultures de France » qui nous a été adressée.

- Nous sommes d'accord avec un certain nombre des choses qui sont dites dans le texte, notamment sur le nécessaire découplage entre la question des langues et cultures, et la question institutionnelle - régions, Europe, fédéralisme, etc. qui relève d'un autre débat dans lequel une association professionnelle comme la nôtre n'a pas vocation à intervenir.

- Nous sommes d'accord avec la nécessité de diffuser sur l'ensemble français via l'école un savoir minimal sur la diversité française, et nous l'avons d'ailleurs proposé à maintes reprises à nos interlocuteurs ministériels, sans résultats appréciables d'ailleurs, soit dit en passant.

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