• L'État considère que les langues régionales font partie du patrimoine national parce que, en tant que langues/cultures appartenant aux regions qui elles-mêmes appartiennent à la nation, elles sont « nationales ». Et il construit une politique positive dans ce sens, régionaliste. Encourageant sans le vouloir ceux qui veulent, reliant politique et culture, des régions à la catalane (des « nations en devenir »): volonté de prendre la France en sandwich entre l'Europe et les régions, négation des apports de la langue/culture/civilisation française à tous les Français.
  • L'État considère que les langues indigènes de France ne sont pas « régionales », n'appartiennent pas aux régions ni aux gens qui les habitent, mais appartiennent directement à tous les français c'est-à-dire à toute la nation parce que :
    • leurs apports ont contribué à construire cette nation, cette identité française,
    • la langue/culture française a contribué très fortement à construire les langues/cultures occitanes, corses, bretonnes, alsaciennes, basques et catalanes de France, etc. Auquel cas tout est renversé.

Il suffit que dans les programmes scolaires et universitaires, dans les programmes des écoles publiques, cette évidence historique soit posée (et bien sûr réfléchie, mise en perspective, débattue dans ses problèmes, construite) pour que :

  • 90 % des revendications des régionalistes et de défenseurs des langues de France soient satisfaites.
  • Tous les français, sachant ce qu'il en est de la Corse, de la Bretagne, etc et de leurs langues/cultures puissent :
    • mieux connaître/comprendre la France ;
    • mieux mesurer eux-mêmes la force des apports de ces cultures et, à la fois, mesurer leurs limites.

Conséquences :

  • Au lieu de mettre en doute la France, tous ces gens, militants et sympathisants (plusieurs centaines de milliers de personnes actives, présentes sur leur terrain) vont mettre toute leur énergie à construire la France nouvelle (une politiquement, une dans sa langue d'État, plurielle dans ses langues de culture).
  • Cette pluralité de langues de culture va redonner des affluents intérieurs à la langue/culture française ;
  • va contribuer à construire une pluralité de centres de pensée dans tout le pays (grandes villes) réglant le problème du centralisme, donnant un vrai sens à la décentralisation culturelle.

Tout cela va renforcer le sentiment national, la solidarité nationale et mettre tout le monde au travail dans l'enthousiasme général.

Voilà la nouvelle « frontière » toute cherchée. Toute transformation démocratique et républicaine de la France passe par cette étape.