Claude ALRANQ : Faut-il poser la question occitane autrement ?

%%% Modestement, il faut d'abord se dire : combien sommes-nous à nous poser ce genre de question ? Ensuite, reconnaître que nous n'avons pas de solution. La solution serait de la chercher ensemble. Je constate simplement que le débat est boudé alors que nos expériences invitent à critiques, à réflexions et à détermination. J'ajouterai enfin : je ne crois pas qu'il n'y ait qu'une seule réponse à la question posée. Il est important que demeurent des engagements pluriels qui surprennent les publics, les chercheurs, les institutions, et les stimulent à rencontrer de vieux et de nouveaux repères. La diversité de nos engagements est notre force mais l'insuffisance d'échanges sur le fond est notre faiblesse. Pire ! Cette insuffisance de critiques constructives et de solidarités actives... menace la transmission et laisse à penser que « l'engagement occitaniste » se limite à la défense de la langue alors que le champ d'activités réelles et potentielles va bien au delà et en deçà. Le phénomène occitan a 1000 ans d'âge. Il n'est pas éternel. S 'il venait à se dissoudre comme se sont dissoutes de nombreuses civilisations, il aurait le devoir de transmettre le sens de son apparition-disparition, sa contribution à une meilleure vie pour les êtres et les choses de ce monde. S'il venait à renaître, ce serait à ce genre de contribution qu'il le devrait aussi.

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L’avis d’Henri Meschonnic

__''(Libération (Mme de Valleys) m'avait demandé de faire une tribune libre avec Henri Meschonnic sur notre proposition, dans l'actualité de cette époque (Mme de Valleys nous avait fait un long interview commun en 2001). J'ai pensé qu'il serait mieux qu'Henri écrive tout seul un texte sur cette proposition puisque c'est moi qui l'ait écrite. Finalement, Libération n'a pas publié le texte.)''__ %%% __Claude Sicre__ %%% %%% %%% %%% Il faudrait que tout le monde prenne conscience de l’importance historique qu’a l’amendement voté par l’Assemblée Nationale le 22 mai dernier à l’article 1 de la constitution, déclarant au sujet de la République française, que : « Les langues régionales appartiennent à son patrimoine ». Incluant ainsi ces langues dans à la fois l’histoire de France et l’histoire de la langue française, que François 1er en 1539 à Villers Cotterets avait déclarée – c’était contre le latin, à l’époque – seule langue de France, langue officielle des arrêtés officiels.%%% Mais la réalité historique et géographique de la France était celle d’une pluralité de langues. L’abbé Grégoire en 1790, pour diffuser les idées révolutionnaires, la révolution partant de Paris, voulait éliminer les patois comme refuges de la féodalité et de la royauté. Encore à la fin du XIXe siècle la République luttait pour imposer le français langue nationale. Car il y avait huit ou neuf langues populaires. Encore en1914-1918, selon les régions, peu connaissaient la langue nationale. Les Bretons ont eu plus de morts que la moyenne nationale à la guerre, parce que peu savaient le français.

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Interview de Christine Albanel, ministre de la culture

__Question 1 : __ ''L'assemblée nationale a voté le 22 mai, un amendement à l'article 1 de la Constitution de la République disant que "les langues régionales appartiennent à son patrimoine". Il y a deux façons d'entendre cette phrase. Celle qui est retenue par tous, qu'ils soient pour ou contre les langues régionales, à savoir que ces langues sont des langues de régions françaises et donc appartiennent à ce titre, au patrimoine français. Mais il y a une autre façon d'entendre, radicalement différente, celle du Forom des Langues de Toulouse, qui dit que ces langues ne sont pas régionales, qu'elles n'appartiennent pas à des régions, mais qu'elles sont directement "nationales", parce qu'elles ont marqué indélébilement la langue et la culture française, comme la langue/culture française les a indélébilement marquées, qu'elles sont donc la propriété de tous les Français. Comment réagissez-vous à cette distinction ?''

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Les conséquences d’un choix

''(au sujet de la proposition de nationalisation des langues et cultures de France)'' Dans l'état actuel du débat sur les langues et cultures de France, trois solutions : * L'État, qu'il considère ou qu'il ne considère pas que les langues indigènes de France (que beaucoup appellent les « langues régionales », cherchant le bâton pour battre ou se faire battre) sont « patrimoine national », ne construit pas de politique positive, répond aux pressions en faisant toujours traîner, en accordant quelquefois des avancées sur le terrain régionaliste puis en revenant en arrière, etc. Auquel cas les régionalismes se renforcent dans leur détermination, sinon dans leur audience.

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L’avis de la FELCO

Nous avons lu avec beaucoup d'intérêt la « proposition de nationalisation des langues/cultures de France » qui nous a été adressée. - Nous sommes d'accord avec un certain nombre des choses qui sont dites dans le texte, notamment sur le nécessaire découplage entre la question des langues et cultures, et la question institutionnelle - régions, Europe, fédéralisme, etc. qui relève d'un autre débat dans lequel une association professionnelle comme la nôtre n'a pas vocation à intervenir. - Nous sommes d'accord avec la nécessité de diffuser sur l'ensemble français via l'école un savoir minimal sur la diversité française, et nous l'avons d'ailleurs proposé à maintes reprises à nos interlocuteurs ministériels, sans résultats appréciables d'ailleurs, soit dit en passant.

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